Les habitations troglodytiques

Il existe en Indre et Loire, un site dans son écrin de verdure. Un site où le temps semble s'être arrêté. Un habitat paysan typique, tel qu'on le rencontrait au Moyen-âge : Les fermes troglodytiques.

Le silo à grains :
Située à quelques mètres des habitations, une lourde pierre circulaire dissimule l'orifice d'une fosse creusée dans la roche: c'est le silo à grains appelé aussi " ponne " en raison de sa forme en poire. A cette époque, les cultures étaient à la merci des aléas climatiques : la moindre averse pouvait ruiner en quelques minutes la récolte annuelle. Il fallait alors réensemencer avant que la famine s'installe dans le village. La conservation des grains en silo souterrain est une méthode très ancienne. D'abord, on verse dans le silos 2 à 3 m3 de denrée (céréales, graines, semences…) que l'on complète avec du millet pour colmater les vides entre les grains. Une fois remplis, le puit est scellé par un " bouchon de fermeture " en pierre ou en bois, puis protégé en surface par une couche d'argile imperméable.

 

Le souterrain refuge :
Pour échapper aux hordes de brigands qui écumaient la campagne, les villageois n'avaient pas d'autre choix que de se terrer. A la moindre alerte, hommes, femmes, enfants se réfugiaient dans une sorte de cave fortifiée, creusée sous la ferme troglodytique : c'est le souterrain refuge A l'intérieur, les salles sont aménagées pour l'habitat temporaire. Lorsque un assaillant s'y aventurait, il périssait assurément dans le dédale de galeries truffées de pièges et de chatières.

 

Les magnaneries souterraines :
Il y a bien longtemps en Indre et Loire, on " éduquait " les vers à soie. En effet, l'élevage du vers à soie connu son essor en Touraine du XVIe au XVIIIe siècle. Il faut dire que les demeures troglodytiques offrent un atout majeur : il règne dans les caves souterraines une température constante (entre 12 et 14°c) tout au long de l'année, une aubaine pour le Bombyx du mûrier qui redoute par-dessus tout les variations de températures ! Mais à la fin du XIXe siècle, la crise économique, puis la maladie des vers à soie ont eu raison des élevages de Touraine : l'industrie de la soie est alors tombée en désuétude. Aujourd'hui, les randonneurs peuvent découvrir, au détour d'un petit sentier, les vestiges de ce qui était jadis, une magnanerie souterraine.

Les " coconniers ": l'ensemble de petites alvéoles taillées dans le roc abritait les vers pour " la montée en bruyère ". Les verrières, femmes s'occupant de l'élevage des vers à soie, plaçaient dans ces loges un balai de bruyère où les " magnans " faisaient leurs cocons.

 

 

 

 

 

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